« Parasite » : une opération d’infiltration dans l’espace domestique

Le septième film du cinéaste sud-coréen brasse avec brio tous les registres, de la comédie à l’horreur, dans une mise en scène très dynamique.

Parasite marque un double retour pour Bong Joon-ho, non seulement dans les rangs de la compétition cannoise, deux ans après la polémique soulevée par Okja (premier film Netflix montré sur la Croisette), mais surtout au bercail de la Corée du Sud dont il est originaire, après dix années de tribulations internationales. Force est de constater que l’auteur de Memories of Murder (2003) et The Host (2006) ne s’est jamais montré plus mordant, détonnant, incisif qu’à domicile, dans une Corée dont il s’est plu dès ses débuts à brocarder les travers, et où les inégalités sociales, la précarisation des emplois, la prédation financière, la violence des rapports de classe, ont pris dernièrement des proportions alarmantes. C’est précisément de cela que parle Parasite, ne laissant à ce titre aucun doute sur le fait que Bong Joon-ho n’est pas seulement un styliste virtuose, mais un véritable cinéaste politique.

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