Il y a 30 ans le thriller « Seven » marquait le public belge au fer rouge

À l’occasion des 30 ans de la sortie de “Seven”, retour sur ce thriller poisseux de David Fincher avec Brad Pitt et Morgan Freeman.

Il est facile de déclarer 30 ans après sa sortie que le succès d’un film était couru d’avance. Avec son casting de talents (Morgan Freeman, Brad Pitt, Kevin Spacey, Gwyneth Paltrow) et son réalisateur extrêmement admiré (David Fincher), “Seven” apparaît aujourd’hui comme un inévitable chef-d’œuvre. Mais à l’époque de sa production, les étoiles étaient loin d’être alignées pour ce thriller poisseux. 

Des talents en devenir

C’est dans l’imagination du scénariste Andrew Kevin Walker que naît “Seven”. Choqué par sa découverte de la ville de New York, il écrit le script, dans l’espoir de voir le film lancer sa carrière. L’histoire d’un serial-killer obsédé par les sept péchés capitaux, et pourchassé par deux policiers, lui semble particulièrement évocatrice. À raison : le film est acheté en 1991. Mais il tarde à entrer en production, passant de main en main, et connaissant au fil des années de multiples réécritures. En cause notamment : sa scène finale, jugée trop horrible par le studio.

C’est dans les mains de David Fincher qu’atterrit le script…dans une de ses versions antérieures. Aujourd’hui considéré comme un des plus talentueux réalisateurs en activité, le cinéaste est au début des années 90 surtout connu pour ses clips musicaux, tourné pour Madonna ou Michael Jackson. Il n’y a qu’un seul long-métrage à son actif :  “Alien 3”, dont la production a été si cauchemardesque qu’elle l’a presque complètement dégoûté du septième art. Mais le scénario de “Seven” et son histoire sordide de serial-killer lui parle. Il accepte le projet, mais pose ses conditions : il faut que le film conserve sa conclusion initiale.

Le casting réuni pour les besoins du film est à l’époque assez prometteur, mais loin d’avoir l’aura qu’il a aujourd’hui. Morgan Freeman est un acteur déjà très respecté, mais les autres n’ont pas autant de prestige : Brad Pitt est une étoile montante, Kevin Spacey a quelques rôles importants à son actif et Gwyneth Paltrow est plus ou moins inconnue du grand public. La sortie de “Seven” marquera un tournant important pour tout le monde : son succès inattendu (il compte parmi les films les plus populaires de l’année) propulse sur le devant de la scène ses équipes.

Une ville de crimes et de pluie

C’est à Los Angeles que le tournage de “Seven” se déroule en 1994, mais le film fausse sa représentation : non seulement ses lieux les plus connus n’apparaissent pas, mais la grande majorité du récit se passe sous une pluie torentielle, une météo fort peu californienne. La ville en elle-même n’est jamais nommée : il pourrait s’agir de New York, de Chicago, de Detroit, etc. L’idée est surtout de mettre en scène une métropole sale, dangereuse, envahie par le crime et le péché, une “Sodome et Gomorrhe” moderne comme le décrit avec dégoût le serial-killer au centre du film, John Doe.

La grande majorité du film se passe dans des lieux extrêmement sombres, mais qu’on perçoit toujours parfaitement: le talentueux directeur de la photographie Darius Khondji joue merveilleusement sur les ombres et les lumières pour créer des images marquantes et signifiantes.
 

La postérité du film

Grand succès, “Seven” participe à la popularité des thrillers autour de serial-killers. Dans les années qui suivent, toute une série de longs-métrages, inspirés à des degrés divers par le film de Fincher voient le jour : “Calculs meurtriers”, “Bone Collector” ou “Le Collectionneur” (avec Morgan Freeman). 

L’influence du film se fera également sentir dans le genre horrifique, les “Saw” par exemple. Avec son tueur punitif et ses twists, la saga sadique assume plus ou moins son lien de parenté. De nombreux films ont essayé de reproduire le choc de la scène finale, mais rares sont ceux qui sont parvenus à l’égaler.  Même les multiples parodies de sa réplique (“What’s in the Box ?”) n’ont pas réussi à atténuer l’impact de cette conclusion glaçante.

L’influence de “Seven” se fera aussi sentir…dans la filmographie de son réalisateur, qui reviendra plusieurs fois au sujet serial-killers : en 2007 avec “Zodiac”, inspirés de faits réels en 2011 avec “The Girl with the Dragon Tattoo”, mais aussi avec la série “Mindhunter”, qu’il coproduit et dont il a réalisé quelques épisodes entre 2017 et 2019. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *